Lagardère chute en Bourse
Lagardère chute de plus de 6% mercredi matin en Bourse, affectée par l’annonce dans la presse que l’AMF a accusé de nombreux actionnaires d’EADS, y compris Lagardère et DaimlerChrysler, de délit d’initiés avant l’annonce publique des retards de production sur l’Airbus A380.
Les investisseurs craignent que la Caisse des Dépôts, qui s’est engagée à se porter à terme acquéreur d’une partie des 7,5% d’EADS cédés par le groupe Lagardère, ne dénonce l’accord.
“Pour EADS, cette affaire n’a pas d’impact financier. Mais pour Lagardère, le risque est que la Caisse des Dépôts demande l’annulation du deal”, commente un responsable de la recherche.
Vers 10h20, le titre recule de 6,21% à 57,96 euros après un plus bas de 57,63 euros, alors que le titre EADS, peu affecté par la nouvelle, cède 0,37% à 21,82 euros.
L’indice CAC 40 est stable (-0,1%) à ce stade.
La CDC avait réaffirmé fin mai qu’elle se joindrait à des procédures si les enquêtes en cours, boursières et judiciaires, sur EADS faisaient apparaître des irrégularités.
“Si d’aventure, la justice devait constater des agissements qui ont nui aux actionnaires, étant nous-mêmes actionnaires, nous serions conduits (…) à nous joindre aux procédures à l’encontre de ceux qui auraient nui aux intérêts de la Caisse”, avait déclaré son directeur général Augustin Romanet.
L’opération, sur la base d’un prix de 32 euros/action, avait été annoncée fin avril 2006 avant l’annonce en juin de nouveaux retards importants dans le programme de l’A380, le très gros porteur Airbus A380, qui avait fait dévisser l’actions EADS.
Bien qu’elle ne soit pas encore propriétaire des titres, la CDC a dû passer dans ses comptes 2006 des provisions qui ont eu un impact de 126 millions d’euros après impôt, liées à la baisse de la valeur de son investissement.
La CDC détient potentiellement environ 2,5% d’EADS, une participation qui atteint près de 3% en prenant en compte les titres possédés par sa filiale CNP Assurances.