Système des heures sup défiscalisées

Nicolas Sarkozy a tenté de répondre vendredi à l’impatience des Français en matière de pouvoir d’achat en vantant son système de défiscalisation des heures supplémentaires lors d’une brève visite en Bourgogne.”La défiscalisation des heures supplémentaires, ça marche. Sur la feuille de paye, ça change”, a lancé le chef de l’Etat lors de la visite d’un chantier de construction d’une clinique privée à Sens, sous préfecture de l’Yonne.

“Au mois de novembre, il y a eu plus de 50% des entreprises de plus de 10 salariés qui ont utilisé le dispositif”, contre 40% en octobre, a précisé le chef de l’Etat, qui a fixé comme objectif de séduire 70% des sociétés.

“Il y a cinq millions de salariés français qui utilisent les heures sup’, c’est cinq milliards d’euros de pouvoir d’achat en plus et ça marche”, a-t-il martelé.

Un optimisme partagé par Christine Lagarde, qui était du voyage en Bourgogne. La ministre de l’Economie s’est dite “convaincue qu’on aura un chiffre en augmentation au mois de décembre, tout simplement parce qu’un certain nombre d’entreprises ont un peu de difficulté à mettre ça en oeuvre tout de suite”.

Le volume exact des heures défiscalisées sera connu lundi, a-t-elle précisé.

Au chapitre de la croissance, président et ministre ont, là aussi, refusé de céder aux Cassandre, tout en confirmant pour 2008 un taux situé dans la fourchette basse des prévisions.

“La France n’est pas en récession, on tient mieux que les autres. On est dans une croissance autour de 2% et nous avons des chiffres de l’emploi qui sont excellents”, a fait remarquer le chef de l’Etat.

Les difficultés liées à la situation internationale et à la crise des subprimes aux Etats-Unis “ne changent rien à la stratégie”, a-t-il souligné. “Il faut aller chercher la croissance et améliorer les résultats de l’économie française. Moi je n’attends pas la crise pour le faire, j’essaie qu’on le fasse avant”.

Nicolas Sarkozy s’est par ailleurs félicité de l’accord sur la modernisation du marché du travail trouvé cette semaine avec quatre syndicats sur cinq, qu’il a qualifié de “révolution culturelle”. “Je déposerai le texte au Parlement dans les jours qui viennent”, a-t-il précisé.

Invité d’honneur d’une table ronde à la Chambre de commerce et d’industrie, le chef de l’Etat s’est posé en défenseur des petits commerces. Il a fustigé le ‘hard-discount’ et dit comprendre les inquiétudes des débitants de tabac face à l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Lors de cette courte visite de terrain, la première du genre depuis un mois, le président a pris quatre rapides bains de foule, où il a été accueilli par des “Continuez” et des “On vous soutient quand même”.

Lors de la visite du chantier, certains spectateurs se sont faits plus sceptiques.

Michel, cuisinier de 56 ans ayant demandé à garder l’anonymat, a reconnu que le chef de l’Etat était “plus sur le terrain que les présidents précédents. Après, il faut des résultats, ça prend du temps”.

“Je ne travaille pas plus pour gagner plus, je travaille pour gagner mon salaire. Il y a des fois, on aimerait travailler moins”, a-t-il fait remarquer.

Pour Jordan Grisot, menuisier de 19 ans ayant voté Sarkozy à l’élection présidentielle, “il y a encore des trucs à améliorer : la paye. On fait quand même pas mal d’heures”.

Le jeune homme a aussi évoqué le style de vie du président, venu à Sens en hélicoptère. “Il dit qu’il est à étroit à l’Elysée, c’est quand même limite”.

Guidée par la députée-maire UMP de Sens, Marie-Louise Fort, Nicolas Sarkozy s’est gardé d’évoquer les élections municipales de mars. Et fait mine de ne pas s’inquiéter de la chute de sa cote de popularité dans les sondages.

“Je suis élu (pour) cinq ans”, a-t-il rappelé. “La question n’est pas celle-ci. La question est celle du changement mis en oeuvre, du fait que ça se traduise dans les faits et qu’on ait des résultats”.

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