Choisir les bonnes actions : la recette ?
Oui, il existe une solution : travail et patience. Autrement dit une étude attentive, une sélection rigoureuse, et des investissements sur le long terme.
Il convient de rappeler en préalable ce principe fondamental qui correspond à l’objectif premier de tout investisseur rationnel : Créer la richesse d’une manière fiscalement efficace, en portant attention à la préservation du capital.
La richesse est créée par l’exploitation d’une entreprise.
Notre méthodologie consiste à suivre la recette des gens d’affaires qui réussissent : « La richesse est créée en étant propriétaire d’un assortiment d’excellentes entreprises, dans des secteurs de solide croissance à long terme, et de conserver ces participations à long terme. » Cette formule est enracinée dans les principes de la capitalisation cumulative qui nous apprennent que pour maximiser la plus-value du capital, il faut :
* Maximiser la DURÉE * Maximiser le RENDEMENT TOTAL * Minimiser l’IMPÔT
Il existe une différence fondamentale entre les comportements de placement des gens d’affaires qui réussissent et l’« investisseur » typique (gestionnaire de portefeuilles, investisseur amateur, chroniqueur financier, etc.). Cette différence réside dans la manière dont ils considèrent détenir des actions.
Pour la personne qui est en affaires, les actions représentent une part de propriété dans une entreprise, avec des actifs tangibles, des passifs et un flux de trésorerie. Leur rôle – ces personnes en sont convaincues – est d’accroître l’actif et la trésorerie, et de minimiser le passif.
Pour l’« investisseur », les actions sont des morceaux de papier qu’on négocie dans le but de minimiser la volatilité et d’obtenir des gains en capital.
Les exemples suivants feront mieux apparaître la différence :
Scénario 1 Mettons qu’au cours d’un cocktail, un « investisseur » typique rencontre M. Alan Greenspan (président de la Federal Reserve des États-Unis) et que ce dernier lui annonce confidentiellement qu’il va hausser les taux d’intérêt américains de 50 %. Que va faire notre « investisseur » avec ce tuyau?
Il est bien probable qu’il se dise que si les taux d’intérêt vont augmenter, les actions vont baisser et que, donc, il doit vendre. Ce faisant, pense-t-il, il réduit sa volatilité et préserve son capital.
Scénario 2 Si lors d’un cocktail M. Alan Greenspan donnait la même nouvelle à M. Warren Buffett, à M. Bill Gates et à M. Ken Thomson, croyez-vous qu’ils vont se précipiter pour vendre leurs actions Coca-Cola, Microsoft et Thomson Corp.? Certainement pas!
Leur attitude serait plutôt que si la bourse baissait, ils profiteraient des prix d’aubaine pour acheter encore plus d’actions des sociétés qu’ils détiennent déjà. Ils souligneraient aussi qu’en vendant ils auraient des impôts à payer, ce qui ralentirait la croissance cumulative de leur fortune. En d’autres termes, ces trois hommes d’affaires, qui sont de véritables modèles de création de richesse, ne cherchent pas à minimiser la volatilité, ils s’en servent et capitalisent dessus.
Chez un bon gérant, son attitude est semblable à celle de MM. Gates, Buffett et Thomson. Il ne gère pas la volatilité, il gère pour optimiser l’accumulation composée de son capital. À son avis, la volatilité du cours des actions n’est pas synonyme avec le risque d’affaires.
La volatilité, c’est la fluctuation relative d’un fonds ou d’une action, etc., par rapport à un paramètre établi, comme un indice boursier tel que le TSE 300 ou le Dow Jones. La volatilité d’une action ou d’un fonds ne vous donne aucune indication sur sa solidité intrinsèque, son potentiel futur de rentabilité, les talents de ses dirigeants ou sa réputation. Autrement dit, sur tous ces facteurs auxquels s’intéresse la personne qui est en affaires et est un investisseur, dans le but de minimiser les risques et d’évaluer le potentiel de croissance.
M. Buffett a abordé ce sujet dans le rapport annuel 1994 de Berkshire Hathaway à l’aide de l’exemple suivant :
« Pour le vrai investisseur, la volatilité est bienvenue. Ben Graham l’a expliqué dans le chapitre 8 de The Intelligent Investor, où il présente “ M. La Bourse ”, un individu bien accommodant qui tous les jours vient vous offrir d’acheter ou de vendre, comme vous voudrez. Plus ce personnage est maniaco-dépressif, plus il offre d’excellentes occasions à l’investisseur. Cela est vrai parce que dans un marché boursier sujet à de fortes fluctuations, des valeurs absurdement basses vont être quelquefois données à des entreprises parfaitement solides. Il est impossible de comprendre comment des prix si bas puissent être considérés comme des dangers pour l’investisseur ; ce dernier est parfaitement libre, soit d’ignorer la bourse complètement, soit de profiter à fond de ses folies. »
À notre avis, le véritable risque que l’investisseur doit évaluer, c’est de savoir si ce qu’il retire de ses placements, en net après impôts (y compris le produit des ventes), va sur la période de conservation prévue lui donner au moins le même pouvoir d’achat qu’il possédait au départ, plus un modeste taux d’intérêt sur la mise de fonds. Bien que l’on ne puisse calculer ce risque avec une précision scientifique, on peut dans certains cas le juger avec un degré d’exactitude qui est utile. Les principaux facteurs entrant dans cette évaluation sont les suivants :
1. le degré de certitude selon lequel on peut évaluer les caractéristiques économiques à long terme d’une entreprise ; 2. le degré de certitude selon lequel on peut évaluer les dirigeants de la société à l’égard de leurs capacités à réaliser pleinement le potentiel de l’entreprise et d’utiliser sagement ses flux de trésorerie ; 3. le degré de certitude selon lequel on peut croire que les dirigeants vont transférer les récompenses vers les actionnaires plutôt qu’à leur seul profit ; 4. le prix d’achat de l’entreprise ; 5. les niveaux d’imposition et d’inflation qui vont prévaloir pendant la période et détermineront ainsi jusqu’à quel point le pouvoir d’achat de l’investisseur est réduit par rapport à son rendement brut.
Autre sujet : « Les fonds ont beaucoup monté, et combien peuvent-ils monter encore? »
La question est de savoir, « monté par rapport à quoi? ». Certes, le Fonds X, à 51 €, est élevé, par rapport à son prix unitaire de 8,60 € d’il y a 6 ans, mais est-il haut par rapport au niveau qu’il atteindra dans quelques années? L’histoire du prix d’une action Coca-Cola est une bonne illustration.
En 1919, l’action Coke se négociait à 40 $ mais, en 1920, le cours a baissé à 19,50 $. Or, à la fin de 1996, cette même action avait une valeur (y compris le réinvestissement des dividendes et après de nombreux fractionnements d’action) de plus de 3,5 millions $US. Par rapport à 40 $, le cours de 84 $ était élevé, tout comme celui de 168 $, de 500 $, de 10 000 $, de 100 000 $, d’un million $, et ainsi de suite. Si une entreprise est en croissance, sa valeur va augmenter avec le temps. Donc, il faut s’occuper sérieusement d’évaluer les perspectives d’affaires, et les cours boursiers historiques n’ont aucun rapport avec la valeur future de la société.
En résumé, la volatilité ne doit pas vous déranger parce qu’elle n’a rien à voir avec accroître et préserver votre capital à long terme et d’une manière fiscalement efficace. Le fait que la valeur de vos parts dans certains fonds soit élevée ne doit pas vous déranger pas non plus dès lors que vous considérez que grâce aux excellentes entreprises présentes dans vos portefeuilles ces derniers seront encore mieux valorisés d’ici à l’horizon de votre investissement (5 ans, 10 ans ou plus, cela dépand de vous).