Risque de crédit des obligations : principe du rating et de la prime de liquidité
En cas de défaut de l’émetteur (faillite, dépôt de bilan, etc.) le détenteur d’une obligation supporte le risque de ne pas retrouver son capital (ex : Enron, Worldcom, Parmalat…).
Certes, le risque inhérent à une obligation est plus faible que celui présenté par une action, du fait que les détenteurs d’obligations occupent un rang beaucoup plus élevé dans l’ordre des créanciers que les détenteurs d’actions. Néanmoins, ce risque est bien réel.
Si les seuls crédits qui soient réellement sans risque sont… ceux qui ont été remboursés, il existe une bonne approximation d’un crédit à la fois sans risque et non-encore échu. Elle est constituée par les emprunts d’État les plus liquides émis par les moins endettés des grands pays développés, c’est-à-dire des obligations
* négociables à tout moment pour des quantités importantes * et émises dans la devise où l’émetteur dispose à la fois o de bonnes capacités d’endettement supplémentaire o et de la pleine puissance fiscale.
Les taux dérivés de ces emprunts correspondent donc, pour chaque devise où ils existent, aux taux sans risque. Les autres obligations, moins liquides, comportent un risque, dont la mesure par le marché obligataire est donnée par la différence de taux entre leur taux de rendement et les taux sans risque. Cet écart de taux, ou spread de crédit, correspond en théorie à la somme :
* d'une prime de liquidité, c’est-à-dire le coût de négociation de l’obligation * et, surtout, de l’espérance mathématique du risque de défaut de l’émetteur multipliée par le taux de recouvrement des créances attendu en cas de défaut.
Les obligations font souvent - bien que cela ne soit pas obligatoire - l’objet d’une notation financière qui permet normalement de mieux évaluer le risque de crédit présenté par le titre.